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Camille Pic mémoire vivante du village
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Camille PIC, une mémoire vivante

Qui ne connaît pas Camille PIC, ce septuagénaire bon pied bon oeil qui arpente les rues de notre village sur sa légendaire bicyclette?
Il n'est pas un coin ou un recoin d'une rue ou d'une avenue qui n'ait son histoire ou sa petite histoire.Témoin du temps et des événements,ce féru d'histoire à la mémoire infaillible raconte à merveille les anecdotes ou faits passés qui constituent le patrimoine de Latour Bas Elne.

Des événements qui l'ont marqué, en voici quelques uns tels que nous les avons recueillis...

L’ORAGE DE NEIGE DE 1935

Dans la nuit du 11 mars 1935  un orage de neige s’est abattu sur  LATOUR BAS ELNE  et ses environs. Toute la nuit le ciel était zébré d’éclairs dont un s’est égaré sur le clocher du village, sans trop de dégâts, mais un autre a mis le feu à l’église. A cette époque, les agriculteurs avaient l’habitude dans la nuit de sortir à la fenêtre regarder le temps qu’il faisait. Aussi, quand ils ont vu qu’il neigeait et que  tout était blanc, leur première pensée a été pour les abricotiers. En 1935, le tiers du territoire de la commune ainsi que les communes voisines étaient plantés d’abricotiers. Il y en avait en vergers dans l’Aspre pour  la précocité, dans les vignes de la plaine à la terre trop riche, ces vignes produisaient moins du fait de la proximité des  arbres mais le degré était meilleur. Il y en avait même dans les cultures de plein champ: chou fleur, céleri, salade, où là, ils étaient plus espacés. Toutes les exploitations avaient plus ou moins une parcelle d’abricotiers et en ce jour du 11 mars , les arbres étaient en pleine floraison. 8 mars 2010, 75 ans plus tard

Au réveil des habitants, la couche de neige atteignait entre 10 et 15 centimètres. Alors chacun faisait sa prévision. Pour les plus pessimistes, s’il gelait la nuit suivante et le matin, la récolte était perdue.Pour d’autres guère rassurés, mais qui se voulaient optimistes, une récolte très moyenne, mais de ce fait le prix serait meilleur. Dans la journée qui a suivi la neige de la nuit, le ciel s’était éclairci, bien bleu, c’était inquiétant. Mais le lendemain matin, le ciel s’était couvert et il n’avait pas gelé. Le jour suivant, même chose, les agriculteurs disaient, « peut être que nous aurons de la chance. » ils en ont eu cette fois car le troisième jour, le temps s’est réchauffé  et il n’a pas gelé. A cette époque, un dicton courant dans les campagnes (il se dit toujours) « An de néou An de bé de deu » année de neige, année de bien de Dieu.
La récolte d’abricots fut très abondante et bien rémunérée.
Cette fois le ciel avait été avec les agriculteurs.

CAMILLE PIC

 

Le 8 mai 1945...J'avais 15 ans

 

L'acte de capitulation avait été signé la veille, le 7 mai 1945 à 2h20 du matin dans une simple salle d'école de Reims. A Latour comme partout en France et une grande partie du monde la bonne nouvelle s'est répandue dans la journée par la radio. Dans les rues du village, il y avait plus de monde que d'habitude pour commenter avec joie cet événement tant attendu.

En fin d'après-midi, la traction noire de Charles Cavaillé, un drapeau tricolore accroché à chaque portière, avait fait quelques passages par la rue centrale.

Le 8 mai, une cérémonie plus solennelle, réunissait les chefs d'états major belligérants, le maréchal Keitel, représentant l'Allemagne, voyant que le général Delattre de Tassigny faisait partie de la délégation alliée s'était étonné ouvertement "comment la France aussi!"un jour une histoire 8 mai 1945

Le 8 mai 1945 fut une belle journée, un ciel bleu, pas un brin de tramontane comme si le temps aussi, voulait fêter la victoire. Après une journée de travail, les habitants de Latour Bas Elne, majoritairement agriculteurs à cette époque, s'empressaient de rentrer chez eux pour écouter à la radio le général De Gaulle, chef du gouvernement, s'adresser à la nation " la guerre est gagnée, voici la victoire des nations unies et la victoire de la France".

Vers 13h00 toutes les cloches du département ont sonné en même temps. J'étais en haut du clocher avec une dizaine de garçons de mon âge, il y avait aussi François Sumala, militaire de carrière en permission ce jour-là, perché sur les armatures du campanile. Comme le temps était très calme, pendant un court instant, quand on remplaçait le sonneur, on pouvait entendre les cloches d'Elne et de St Cyprien qui sonnaient aussi à la volée.

Le 8 mai 1945 fut une grande et longue journée de joie, on l'attendait depuis longtemps, mais la fête n'a pas pu être si complète car à Latour Bas Elne, qui était composée du quart de la population actuelle, il y avait une vingtaine de familles qui attendaient le retour de l'un des leurs. Prisonnier, déporté,S.T.O(Service du Travail Obligatoire) ou réfractaire. Les derniers temps de la guerre avaient été mouvementés, et plusieurs familles n'avaient pas eu de nouvelles pendant de longs mois, d'autres en avaient reçu de mauvaises dont certaines depuis 1940. J'ai une pensée pour toutes ces familles qui n'ont pas eu la joie comme beaucoup d'autres de fêter le 8 mai 1945.

La guerre était finie, les cloches sonnaient, le soleil brillait, il augurait une longue paix.

J'avais 15 ans.

 

La RetiradaSpahis-retirada

 

Fin janvier-début février 1939: c'est la Retirada, j'y allais avec ma mère en fin d'après-midi devant le bureau de tabac actuel.

Ma mère et d'autres personnes leur donnaient quelques friandises au passage, des hommes et des femmes, je les voyais très fatigués au bord de l'épuisement.

Cela a bien duré une semaine.Les "spahis" à cheval les canalisaient jusqu'au camp de Saint Cyprien.

 
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